À la manière de
Le départ de nos sympathiques ruskofs pour leur Moscou natal et la connexion internet en panne à cause du nième vol du câble de cuivre de notre ligne téléphonique me laissent le loisir de répondre à la demande générale de mes deux plus fidèles lecteurs, Nadine et Charles ( que je remercie de leur fidélité), qui m’ont supplié de commettre un article mêlant Sarko et la corrida. Je n'ai pu résister au plaisir d'écrire l'article en l'élargissant à corrida et politique. Le voici dans le plus pur style revistero complètement ésotérique pour les non aficionados. Tant pis pour eux.
Corrida de mai
Ciel bleu, soleil, température idéale pour cette corrida-concours
Celui que toute l’arène attendait depuis des mois n’a pas raté son entrée. Dans un costume bleu sombre spécialement coupé par le célèbre couturier Prada, zapatillas spéciales à talonnettes, il est entré en tirant comme toujours sur sa jaquetilla, le sourire colgate éclatant en direction des gradins déjà acquis à son toréo d’esbrouffe et truqueur. Il n’ y a pire aveugle que celui qui ne veut voir. Fidèle à son habitude de solliciter les gradins mais de ne jamais se croiser, il réussit souvent à faire passer son toréo parallèle, agité, réalisé au pas de course pour le summum de la lidia. Il fait merveille auprès d’un public peu averti, facile à circonvenir, le plus nombreux des arènes de ces dimanches de mai.
Son premier fauve, El Peño, pensionnaire de la célèbre ganaderia El Fronte (devise bleu, blanc, rouge) gros toro jabonero, du trapio mais lourd, borgne et fatigué, le plus âgé du lot de cette tarde, n’a pas fait honneur à la réputation de son élevage. Il n’a jamais engagé les reins sous le groupe équestre et s’est éteint sous la muleta. Le Cyclone de Neuilly après avoir torchonné quelques naturelles et beaucoup de derechazos, toujours sur la corne droite, la plus facile, abandonnait souvent son adversaire à ses subalternes, pour se livrer à quelques provocations dont il a le secret et que le public adore. Une lidia au pas de course, des passes volées sans scrupules sur le terrain du vieux combattant immobile, lui permirent de subjuguer suffisamment le cornu et les amateurs de la finca de St Cloud pour avoir une pétition majoritaire. Entière basse portée largement sur le côté droit. Deux oreilles généreuses qui ravirent le public. Sarkozyclone de Neuilly venait de réaliser son premier tour de passe-passe fédérant ceux qui admiraient le vieux fauve oxygéné, ceux qu’il n’effrayait plus et ceux à qui il faisait encore peur. Tous savaient maintenant que le fauve c’était lui. Il avait besoin de la reconnaissance du public qui le boudait depuis de nombreuses années. Le toréro compris qu’il avait fini sa traversée du désert. Son sourire carnassier ne s’adressait pas au public mais à l’escalafon.
Il s’est défait de son deuxième, Modemo de la ganaderia Udefe (devise orange) moins facilement qu’il espérait. Ce bicho au trapio peu impressionnant mais allègre et fringant regrettait sûrement son campo de Bordères et les compagnons équins avec qui il jouait. Faible de pattes, il a simplement placé la tête dans le peto, sans vraiment pousser. Pourtant il est allé à mas et le prendre sur son terrain au centre de la piste a posé un gros problème au mæstro. Passé maître dans l’art de la communication, pour séduire facile, il a dû recourir au toréo de loin pour combattre au centre et à la traîtrise du pas de côté et de la corne passée pour occire. Demi-lame et trois descabellos. Une oreille réclamée et accordée. Vuelta pour la dépouille.
Son troisième, Real, de la ganaderia Francisco Hollando (devise rose pâle), bicho léger ensabanado, belle présentation et portant une belle paire de cornes, assortie à ses sabots. Toro prometteur à la sortie du toril fut sans consistance dès le premier tiers. Appuis déficients et ankylose du postérieur gauche, sa faiblesse se ressentit immédiatement sous la pique unique et peu appuyée. Bien que le bicho suive facilement le leurre le torero pressé n’a pas su en tirer le meilleur et s’est contenté de l’expédier d’un toréo négligé et méprisant, indigne de la figura qu’il prétend être. Souvent sur la corne gauche, la plus facile à faire passer, il a accentué les défauts de l’animal en usant et abusant du toreo-jogging et du chasse-mouche. Il a fait se pâmer la majorité des gradins et hurler les aficionados qui ne confondent pas lidia et course à pied, passes et dépoussiérage. Mais rien n'émeut ce lidiador décomplexé, surtout pas quelques sifflets au contraire, ça l'excite. Pour l’instant de vérité, il a dû s’y reprendre à deux fois. La deuxième demi-lame et trois descabellos assassins ont eu raison du cornu.
Sortie à hombros du Cyclone triomphant sous l’œil désespéré des connaisseurs. De cette corrida insipide où ni le bétail ni le matador ne se sont livrés, nous ne retiendrons que les poses de banderilles, jolis exercices de communication qui servent souvent à faire oublier le vide. Pas de quoi alimenter les conversations de bistro en attendant la prochaine tarde.
Jeu 1:
Vous aurez reconnu facilement tous les protagonistes qui ont rendu la corrida électorale de mai désespérante mais seul le premier qui trouve le nom du torero qui a servi à camper le mæstro de Neuilly gagnera deux bouteilles de Tariquet.
Je vous aide : la seule différence avec le vrai torero qui a servi de modèle, c’est que Sarkozyclone de Neuilly ne se remonte pas encore los cojones, il se contente de remonter son pantalon.
Le surnom du torero est aussi une aide forte.
Jeu 2
On peut encore gagner trois bouteilles de Tariquet. Il suffit de trouver les trois noms des descabellos qui ont poignardé Modemo pour gagner la première. De trouver les trois noms (on a le choix !) de ceux qui ont achevé Real pour prétendre à la deuxième, de nommer et de situer avec précision le campo de Modemo pour avoir droit à la troisième. Le cumul est possible.
Sont hors concours les familles Latterrade et Peynichou. Allez Nadine peaufine ta culture tauromachique et son vocabulaire. La géographie, tu connais.
Corrida de mai
Ciel bleu, soleil, température idéale pour cette corrida-concours
Celui que toute l’arène attendait depuis des mois n’a pas raté son entrée. Dans un costume bleu sombre spécialement coupé par le célèbre couturier Prada, zapatillas spéciales à talonnettes, il est entré en tirant comme toujours sur sa jaquetilla, le sourire colgate éclatant en direction des gradins déjà acquis à son toréo d’esbrouffe et truqueur. Il n’ y a pire aveugle que celui qui ne veut voir. Fidèle à son habitude de solliciter les gradins mais de ne jamais se croiser, il réussit souvent à faire passer son toréo parallèle, agité, réalisé au pas de course pour le summum de la lidia. Il fait merveille auprès d’un public peu averti, facile à circonvenir, le plus nombreux des arènes de ces dimanches de mai.
Son premier fauve, El Peño, pensionnaire de la célèbre ganaderia El Fronte (devise bleu, blanc, rouge) gros toro jabonero, du trapio mais lourd, borgne et fatigué, le plus âgé du lot de cette tarde, n’a pas fait honneur à la réputation de son élevage. Il n’a jamais engagé les reins sous le groupe équestre et s’est éteint sous la muleta. Le Cyclone de Neuilly après avoir torchonné quelques naturelles et beaucoup de derechazos, toujours sur la corne droite, la plus facile, abandonnait souvent son adversaire à ses subalternes, pour se livrer à quelques provocations dont il a le secret et que le public adore. Une lidia au pas de course, des passes volées sans scrupules sur le terrain du vieux combattant immobile, lui permirent de subjuguer suffisamment le cornu et les amateurs de la finca de St Cloud pour avoir une pétition majoritaire. Entière basse portée largement sur le côté droit. Deux oreilles généreuses qui ravirent le public. Sarkozyclone de Neuilly venait de réaliser son premier tour de passe-passe fédérant ceux qui admiraient le vieux fauve oxygéné, ceux qu’il n’effrayait plus et ceux à qui il faisait encore peur. Tous savaient maintenant que le fauve c’était lui. Il avait besoin de la reconnaissance du public qui le boudait depuis de nombreuses années. Le toréro compris qu’il avait fini sa traversée du désert. Son sourire carnassier ne s’adressait pas au public mais à l’escalafon.
Il s’est défait de son deuxième, Modemo de la ganaderia Udefe (devise orange) moins facilement qu’il espérait. Ce bicho au trapio peu impressionnant mais allègre et fringant regrettait sûrement son campo de Bordères et les compagnons équins avec qui il jouait. Faible de pattes, il a simplement placé la tête dans le peto, sans vraiment pousser. Pourtant il est allé à mas et le prendre sur son terrain au centre de la piste a posé un gros problème au mæstro. Passé maître dans l’art de la communication, pour séduire facile, il a dû recourir au toréo de loin pour combattre au centre et à la traîtrise du pas de côté et de la corne passée pour occire. Demi-lame et trois descabellos. Une oreille réclamée et accordée. Vuelta pour la dépouille.
Son troisième, Real, de la ganaderia Francisco Hollando (devise rose pâle), bicho léger ensabanado, belle présentation et portant une belle paire de cornes, assortie à ses sabots. Toro prometteur à la sortie du toril fut sans consistance dès le premier tiers. Appuis déficients et ankylose du postérieur gauche, sa faiblesse se ressentit immédiatement sous la pique unique et peu appuyée. Bien que le bicho suive facilement le leurre le torero pressé n’a pas su en tirer le meilleur et s’est contenté de l’expédier d’un toréo négligé et méprisant, indigne de la figura qu’il prétend être. Souvent sur la corne gauche, la plus facile à faire passer, il a accentué les défauts de l’animal en usant et abusant du toreo-jogging et du chasse-mouche. Il a fait se pâmer la majorité des gradins et hurler les aficionados qui ne confondent pas lidia et course à pied, passes et dépoussiérage. Mais rien n'émeut ce lidiador décomplexé, surtout pas quelques sifflets au contraire, ça l'excite. Pour l’instant de vérité, il a dû s’y reprendre à deux fois. La deuxième demi-lame et trois descabellos assassins ont eu raison du cornu.
Sortie à hombros du Cyclone triomphant sous l’œil désespéré des connaisseurs. De cette corrida insipide où ni le bétail ni le matador ne se sont livrés, nous ne retiendrons que les poses de banderilles, jolis exercices de communication qui servent souvent à faire oublier le vide. Pas de quoi alimenter les conversations de bistro en attendant la prochaine tarde.
Jeu 1:
Vous aurez reconnu facilement tous les protagonistes qui ont rendu la corrida électorale de mai désespérante mais seul le premier qui trouve le nom du torero qui a servi à camper le mæstro de Neuilly gagnera deux bouteilles de Tariquet.
Je vous aide : la seule différence avec le vrai torero qui a servi de modèle, c’est que Sarkozyclone de Neuilly ne se remonte pas encore los cojones, il se contente de remonter son pantalon.
Le surnom du torero est aussi une aide forte.
Jeu 2
On peut encore gagner trois bouteilles de Tariquet. Il suffit de trouver les trois noms des descabellos qui ont poignardé Modemo pour gagner la première. De trouver les trois noms (on a le choix !) de ceux qui ont achevé Real pour prétendre à la deuxième, de nommer et de situer avec précision le campo de Modemo pour avoir droit à la troisième. Le cumul est possible.
Sont hors concours les familles Latterrade et Peynichou. Allez Nadine peaufine ta culture tauromachique et son vocabulaire. La géographie, tu connais.
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