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ça fait désordre

9 Avril 2008 , Rédigé par Karoutcho

"Free Kanakie"
Aujourd'hui le silence assourdissant des médias sur les nouveaux événements de Nouvelle-Calédonie laisse pantois. L'information ferait désordre en cette période d'hystérie anti-chinoise sur les droits de l'homme. La Kanakie n'est pas le Tibet, la Kanakie c'est la France !
Le pays des Droits de l'Homme a la mémoire courte :
C'était  le 5 mai 1988 à Ouvéa
Petit rappel
Le 5 décembre 1984 des européens tendirent une embuscade à Hienghène au cours de laquelle 10 kanak de la tribu de Tiendanite furent tués (dont 2 frères de Jean-Marie Tjibaou, leader indépendantiste, qui réclama cependant la levée des barrages).

Le 29 octobre 1987, les 7 auteurs de cette embuscade furent tous acquittés par la cour d'assises de Nouméa, le jury était exclusivement composé d'européens et cela provoqua à nouveau la colère des indépendantistes.
au matin à Fayaoué, sur l'île d'Ouvéa, deux jours avant le premier tour des élections, des indépendantistes Kanak et membres du FLNKS, attaquent la gendarmerie. Trois gendarmes sont tués par balles et l'un devait décéder de ses blessures suite à un coup de "tamioc" sur la tête. Les 27 autres gendarmes sont désarmés et pris en otage, 11 d'entre eux sont emmenés au sud à Muli les 16 autres dans une grotte près de Gossanah.

Le 5 mai 1988 le gouvernement Chirac déclenche l'opération « Victor » conduite par l'armée française (GIGN, EPIGN, 11e Choc, commando Hubert). Cette opération permet la libération des gendarmes retenus en otages.

Dix-neuf des preneurs d'otages sont également tués, pour certains dans de troubles circonstances; deux militaires furent également tués lors de l'assaut. Des membres du FLNKS accusent alors les forces de l'ordre d'avoir « laissé mourir volontairement » au moins 5 des leurs, blessés "les armes à la main" lors de l'assaut de la grotte.
  Deux jours plus tard François Mitterrand est réélu président de la République. En Nouvelle-Calédonie l'élection mobilise 60% du corps électoral et François Mitterrand n’y recueille que 10% des suffrages exprimés.

Actualité 2008
A Nouméa, une trentaine d’entreprises stratégiques devraient être bloquées, dont Carsud (filiale de Veolia) qui assure les transports en commun dans la province Sud de l’archipel. Devant cette société, où un piquet de grève est installé depuis plusieurs mois, de très violents affrontements avaient opposé le 17 janvier, durant douze heures, 500 militants de l’USTKE aux forces de l’ordre. Résultat : une trentaine de blessés, des responsables et militants syndicaux incarcérés durant un mois et, fin mars, un procès contre 19 membres de l’USTKE. Le jugement a été mis en délibéré au 21 avril.

Une peine d’un an de prison, dont six mois ferme, a été requise contre le président de l’USTKE, Gérard Jodar, accusé d’être l’inspirateur des violences, même si il n’y a pas personnellement participé. Hier, une mission de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) est arrivée en Nouvelle-Calédonie pour enquêter sur l’action de la police durant les échauffourées. Etayés par des photos et une vidéo, les témoignages sont accablants : tabassages, tirs tendus (grenades, balles en caoutchouc, petits plombs…), menottages à des poteaux durant plusieurs heures.

Lors de la grève générale de demain (plusieurs autres ont déjà été lancées par l’USTKE depuis le 17 janvier), l’Etat aura de nouveau le choix. Faire le gros dos en laissant le syndicat bloquer des entreprises, ou réquisitionner les forces de l’ordre pour les dégager au risque de nouveaux affrontements.

Mollesse. Le nouveau haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie, Yves Dassonville, est déterminé à ne pas laisser de terrain à l’USTKE. Mais prendra-t-il le risque, demain, de montrer ses muscles avec la certitude de nouvelles violences à la clé ? Le syndicat indépendantiste - qui a créé en novembre un parti politique (le Parti travailliste qui se propose notamment de «défier la politique coloniale») -, a le vent en poupe et inquiète Paris.

Par son discours et ses méthodes, il séduit la jeunesse kanake et bouscule la coalition indépendantiste du FLNKS. Vieillissant, divisé entre ses composantes, le FLNKS s’est fondu dans les institutions calédoniennes où, conformément à l’accord de Nouméa (signé en 1998), il participe au gouvernement local avec la droite anti-indépendantiste. L’USTKE lui reproche notamment sa mollesse pour obtenir les transferts de compétences que la France doit céder, dans tous les domaines, à la Nouvelle-Calédonie d’ici à 2014. Or, c’est avec le FLNKS, et lui seul, que l’Etat négocie toutes les évolutions institutionnelles du territoire. A chaque nouvelle action de l’USTKE dans l’archipel, c’est désormais beaucoup plus qu’une simple grève qui est en jeu.
( Info Libé du 9 avril 2008)


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