Ethnicisme
Zouhir Mebarki journaliste à L’Expression d’Alger fait des zozos de l’Arche des négriers des temps modernes, ayant remplacé les armes de poing qui semaient la terreur dans les villages par les stéthoscopes. La comparaison est un peu facile. Condamner des occidentaux vrais voyous, escrocs et manipulateurs et des occidentaux complices naïfs ou abusés, sans doute imprégnés par une idéologie humanitaire post-coloniale discutable, est légitime. Mais quand on fait le parallèle rhétorique avec la traite des esclaves, il faut le faire jusqu’au bout, sans quoi la démonstration est incomplète. Il suffit pour cela de dire, ce qui ne les excuse pas, que les occidentaux n’ont pas eu le monopole de l’esclavage et qu’ils n’ont pas eu besoin d’utiliser leurs armes, il y a eu des roitelets autochtones complices qui se chargeaient de les approvisionner. J’aurai le mauvais goût de pousser la comparaison avec l’affaire tchadienne : chefs de villages, de familles et traducteurs n’auraient-ils pas pris de commissions au passage ? Les intermédiaires locaux n’ont-ils pas été aussi malhonnêtes que les “négriers” de l’Arche ? Ce n’est pas avec le procès bâclé que nous saurons toute la vérité sur cette affaire mais son extrapolation mérite mieux qu’un article racoleur
Il est dans l’air du temps chez beaucoup d’intellectuels du continent africain, cinquante ans après l’indépendance de leurs pays, de rendre la colonisation “blanche” encore responsable de la souffrance actuelle de leurs peuples, mais de taire l’incurie et la malhonnêteté de leurs dirigeants. Une simple point de vue de classes leur éviterait pourtant de s’égarer sur les chemins de l’analyse ethnique. La dénonciation de l’esclavage et du colonialisme ne souffre pas l’à-peu-près ethniciste.
Il est dans l’air du temps chez beaucoup d’intellectuels du continent africain, cinquante ans après l’indépendance de leurs pays, de rendre la colonisation “blanche” encore responsable de la souffrance actuelle de leurs peuples, mais de taire l’incurie et la malhonnêteté de leurs dirigeants. Une simple point de vue de classes leur éviterait pourtant de s’égarer sur les chemins de l’analyse ethnique. La dénonciation de l’esclavage et du colonialisme ne souffre pas l’à-peu-près ethniciste.
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article