La bêtise à front de taureau
Si je la comprends bien, s’il n’ y avait pas d’exécution capitale en Chine, de lapidation de femmes en burqas, de pendaison en Iran, de massacres au Darfour, elle n’aurait pas donné sa signature à la pétition anti-corrida. Les taureaux de combat devraient donc dire merci aux méchants chinois, aux vilains talibans et aux satans iraniens en même temps qu'à la dame. Mais cette gentille éditrice ne sait pas qu’avec son innocente signature, elle vient de condamner toute une espèce d’un coup : les taureaux de combat élévés spécialement pour la corrida à partir d’une souche lointaine et sauvage (au bon sens du terme). Eh oui! Comme quoi il faut réfléchir jusqu’au bout. Et s’il faut être logique jusqu’au bout, osera-t-elle traiter de nazis nos braves éleveurs de volailles, de porcs et de bovins ?
On peut être gentil et minable.
* in Libé du samedi 13 octobre

Une pétition anticorrida, soutenue par nos députés, vient de recueillir plus de cent mille signatures. J’ai signé, parce que le taureau est condamné à mort. La Chine aurait procédé à bien plus de mille exécutions de condamnés à morts en 2006. Le taureau reste enfermé avant la corrida. Les femmes des pays où l’on applique la charia sont emprisonnées à vie sous leurs burqas. L’afeitado est une mutilation lors de certaines corridas. La pendaison est toujours pratiquée sur des mineurs en Iran. La mise à mort d’un taureau dure environ quinze minutes. La lapidation d’une femme, condamnée à cette peine capitale pour adultère ou blasphème, peut durer quelques heures. Plusieurs centaines de taureaux sont tués chaque année. Près de quatre cent mille hommes, femmes, enfants, bébés, ont été massacrés au Darfour, où l’on continue de massacrer en ce moment même.
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