Faites le jeu pas la guerre
Ou pourquoi je n’aime pas le rugby actuel
On pourrait croire que c’est parce que nous avons le futur secrétaire d’état sarkoziste Laporte comme entraîneur de l’équipe nationale et qu’un beau parcours du XV de France ou encore mieux, le titre mondial, ferait le bonheur d’ Alcazarkozy. Non, je ne suis pas comme lui, je ne mélange pas le sport et la politique m’enfin ! Disons que pour une fois, je ne pense qu’à nos beaux bébés qui se sont entraînés comme des bêtes pour être exacts au rendez-vous et au jeu qu’ils vont produire. Justement parlons-en.
Je ne sais pas ce que nous réservera la Coupe du monde de rugby, mais à regarder la Coupe d’Europe, le Tournoi des Six nations et les matchs de préparation du XV tricolore, ont peu facilement l’imaginer. Le beau et l'essentiel de la gagne se cachent derrière un tampon et une belle défense en ligne. Le jeu a changé. Alternativement, une ligne de déménageurs s’oppose à une ligne d’armoires à glace et le ballon passe sous les meubles. Les petits gabarits se sont faits éjecter par les colosses survitaminés, le perforateur, roi du tampon, a remplacé le créateur, l’ouvreur de brèches a remplacé l’ouvreur tout court et l’extrême rudesse, l’extrême finesse. Toutes les équipes se retrouvent avec le même jeu stéréotypé. Je l'accepte mais je l'aime pas. Pour marquer un essai, il ne faut plus passer comme le renard entre les lignes des cavaliers mais fracasser le béton armé de la ligne Maginot de la défense adverse, la percer ou parfois Ô miracle, la contourner. Les états-majors se formant sur les mêmes modèles, les cavaliers se sont transformés en panzers. Il faut écraser, enfoncer, laminer pour aplatir le ballon dans l’en-but. En fait ce doit être pour ça que je n’aime pas ce rugby, j’aime jouer mais jamais à la guerre.
Karoutcho
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