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Coucou, c'est reparti !

21 Août 2007 , Rédigé par Karoutcho Publié dans #damipey


                    Mon blog est resté muet pendant un bon mois, ça n’a surpris que Géraldine responsable chez Over-Blog qui s’inquiétait de mon silence. Mes amis savaient qu’en plus d’être à la retraite j’étais en vacances comme tous les actifs. En vacances au bout du monde, dans le “Pen ar bed” en “ar vro vigoudenn”. C’était vrai pour le mois de juillet, mais ils me connaissent et savent que “ Je suis snob”. Je passe le mois d’août au plumard comme dans la chanson de Boris Vian. Il faut dire que je peux le faire car je suis né et vis, dans cette région de rêve où, au mois d’août, tout ce qui bouge en Europe se précipite. Pourquoi partir du Pays du soleil ? Merci papa, merci maman de vous être rencontrés en Provence, même si ce n’est pas celle de carte postale, parfumée à l’odeur d’air-wick lavande et sonorisée par le chant de cigales made in China, mais la Provence industrielle et portuaire. Celle qu’on ne visite pas, entre un chantier naval et des usines de produits chimiques. Nos pères et mères s’appelaient Chantier et Atelier de Provence, Kulhman, St Gobain, la Vieille Montagne, BP et Lafarge, ce qui a permis à ce petit coin, suffisant à notre bonheur, d’échapper aux hordes de vacanciers en tongues, petites culottes hawaïennes et ventres à l’air. Car, la Provence, même celle qui n’est pas de papier glacé, c’est toujours la mer et le soleil, demandez aux bretons,grands spécialistes de Météo France, ils vous le diront. Et dans notre coin, qu’on ne savait pas encore pollué, le soleil brillait et la mer scintillait juste pour nous, les fruits prolétaires d’une immigration oubliée.
                      Je m’égare, l’été est propice à la nostalgie. J’habite toujours en Provence mais plus la ville industrielle. Je réside depuis longtemps dans une zone intermédiaire entre deux cartes postales. Je ne suis pas un acharné des racines, je me sens chez moi presque partout. (C’est le presque qui est important). Il y en a qui ont besoin de faire le tour du monde, pas moi. Aujourd’hui, on peut voyager  tous les jours sans bouger de son canapé, grâce à  ... la télé. Surtout ne pas faire comme Boris et la retourner de l’autre côté.
                    Je m’égare encore. Revenons à mon silence. J’ai menti à moitié. Au mois d’août, j’ai travaillé plus, comme une bête plusieurs heures par jour sans arrêt, pour gagner plus. Pourtant, comme tout le monde, je voudrais travailler moins et gagner plus, surtout que je suis plutôt contemplatif et très paresseux. Comme quoi, je suis plus perméable aux idées nocives que je ne le croyais. Je pensais en devenant muet après qu’Il est parti pour le nombril chic du paradis capitaliste, échapper à son emprise, j’étais bien sans Lui, j’étais arrivé à L’évacuer malgré Ses manifestations médiatiques habilement distillées pour qu’on ne L’oublie pas. L’omnipotent devenait transparent et avec sa disparition que je savais momentanée mais que je souhaitais éternelle, disparaissait ma principale source d’inspiration  et l’impérieux besoin d’écrire. Il me manquait. Mais Le revoilà et me revoici. À nous deux. Je Le déteste trop.
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