Grande gueule mais petits moyens
L'Europe, après s’être ridiculisée avec la Géorgie, avoir reculé sur l’entrée dans l’OTAN des ex-pays du bloc soviétique, voit son projet "antirusse" Nabucco vraiment enterré.
Le gazoduc Nabucco, censé transporter du gaz de la mer Caspienne vers l'Europe en contournant la Russie, a été exclu de la liste des projets énergétiques prioritaires de la Commission européenne. Nabucco fait désormais partie, parmi d'autres projets, de la rubrique "Corridors gaziers méridionaux" dans les dossiers de Bruxelles, rapporte le journal en ligne russe Vzgliad. Depuis plusieurs années, Nabucco "ne rencontre pas de consensus en Europe. La France, l'Allemagne et l'Italie ont estimé qu'il serait déraisonnable de dépenser l'argent du contribuable européen dans la construction de ce tuyau".
"Les Européens ont ainsi soutenu de fait South Stream et North Stream, projets [d'acheminement du gaz russe vers l'Europe par la mer Noire et la mer Baltique] du géant gazier russe Gazprom", constate le journal russe Izvestia. Moscou n'est pas surpris par cette décision, puisque Nabucco n'a jamais été qu'un projet "politique" visant à réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis du gaz russe. Pour les Izvestia, les deux principaux défauts de Nabucco sont "le coût colossal du chantier (8 milliards d'euros) et le fait que ni l'Iran, ni le Kazakhstan, ni le Turkménistan, ni l'Azerbaïdjan ne peuvent remplir cette canalisation. Qui alors va investir dans un tube vide ?"
Il restera sans doute vide, car les nouveaux marchés que vise la Russie n'ont pas besoin de ce gazoduc. Moscou a ainsi signé, le 15 mars, un accord de fourniture de gaz avec l'Iran pour alimenter le Nord de ce pays.
L’Europe des grandes gueules mais des petits moyens.