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Olé ! Piquero !

16 Mai 2008 , Rédigé par Karoutcho


Le tercio de piques


Aficionado, je me suis toujours demandé pourquoi les piqueros se contentent d’expédier aussi maladroitement ou avec un acharnement incompréhensible leur tercio, alors que de sa réussite dépend en grande partie la réussite de la lidia. Les dernières corridas de Vic en ont encore été la preuve. Aussi, sans savoir que Terres Taurines y consacrerait un article, je suis parti à Vic avec l’intention de  focaliser mon attention sur ce premier tiers, le plus décrié de la corrida, dans lequel le picador se fait systématiquement huer. Les spectateurs sifflent souvent à tort celui qui tient le rôle du "méchant", la plupart du temps par méconnaissance de l'importance de cette phase du combat et des règles qui la régissent. Seul un public averti, convaincu de l’importance du tercio de piques et attentif à cette phase de la lidia est capable de faire la différence entre une mauvaise et une bonne pique et de manifester justement son opinion.
Ce tercio important, en même temps qu’il affaiblit l’animal et permet au torero de se mesurer à lui dans le quart d’heure qui lui est imparti par le règlement, nous renseigne sur la bravoure et la noblesse de la charge du fauve. Son comportement sous la pique est une indication majeure sur son comportement sous le drap. On dit, avec juste raison, qu’une charge brave et noble promet un toro brave et noble sous la muleta. Voilà pourquoi, ce tercio est un moment essentiel et qu’il faut y être attentif et exigeant.
Certains peu avertis de ce rôle essentiel et sensibles à la pression des anti-taurins envisageaient carrément sa suppression, ce qui aurait signifié la fin de la corrida.
Grâce au travail accompli depuis vingt ans par Alain Bonijol et sa cavalerie, le tercio de piques est en train de devenir ce qu’il aurait toujours dû être, un moment fort de la corrida. Le nouveau caparaçon en kévlar, léger et solide, protège les chevaux et permet l’utilisation d’une cavalerie plus légère donc plus mobile, la pointe de la vara raccourcie au tiers (cf Terres Taurines) rend la pique moins traumatisante. Ce travail commence à porter ses fruits. En offrant la possibilité d’effectuer des charges moins dures, il permet au toro d’exprimer complètement sa force et sa noblesse. Il ne reste plus qu’à convaincre les piqueros des avantages de cette nouvelle technique. Ils ont tout à y gagner et la corrida avec.

Photos Vic 2008
Le piquero cite le toro derrière la ligne blanche.
Le cheval face au cornu.










































Le toro charge en droite ligne.






















Le piquero pique en présentant le flanc du cheval.
Le toro pousse avec les reins, en appui sur ses pattes arrières,
sans donner de coups de tête désordonnés dans le caparaçon.
C'est un toro bravo. Il peut pousser le groupe équestre
sur 10 à 20 mètres ou contre la barrière.




















Une bonne pique : le toro pousse fort et droit. Le piquero
a placé correctement sa pique. Le toro ne touche pas le cheval
mais pousse quand même malgré le fer. C'est un toro bravo.
Remarquez le travail du cheval qui s'appuie sur la tête
du toro






















Ici, le cornu ne pousse pas.











 









Le toro a devancé la pique et pousse fort, le groupe équestre
est en mauvaise posture






















Le toro a biaisé, il n'a pas chargé noblement.





















Mauvaise pique.
Le groupe équestre en mauvaise posture.
Le toro pousse avec son flanc et soulève monture
 et cavalier.






















Le piquero a mis sa vara en l'air et laisse pousser
le toro.























Fin de pique
Le toro a fini sa poussée.
mais il sort seul, signe de manque de bravoure.
Un toro bravo pousse jusqu'à ce qu'un péone vienne le sortir
du flanc du toro.





















Fin de pique
Le toro sortira-t-il seul ou faudra-t-il le contraindre ?

























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