Olé ! Fundissimo !
Photo Terres TaurinesEnfin !
Après trois ans d’absence pour cause de “langue bleue”, les Miuras étaient attendus en Arles avec impatience par l’aficion. Elle ne fut pas déçue. Les toros présentés étaient des Miuras, des vrais, avec ce cou caractéristique, presque humain, qui d’après moi doit leur permettre d’avoir cette mobilité de tête qui fait leur dangerosité. Ils n’ont ni une musculature de lutteur de foire ni une hauteur au garot impressionnante. Mais les aficionados savent pourquoi ils sont craints. Pas seulement parce qu’ils sont responsables de la mort du légendaire Manolete et de Nimeno II, mais qu’ils montrent une âpreté dans le combat supérieure à celle de beaucoup des pensionnaires d’élevages habituellement présentés. Ce qui fait la différence avec les autres c’est leur mental. Ils n’abdiquent jamais, ils apprennent vite dans le ruedo, ou plutôt on dirait qu’ils savent et restent redoutables jusqu’au bout de la lidia. Ils ne donnent de la tête qu’à bon escient et quelle tête. Voilà pourquoi, ils ont une place à part dans le cœur de l’aficion. Si on aime ce genre de toros bravos et le type de combats qu’il faut leur livrer, il faut aller à Vic-Fezensac. La Mecque des toristes présente depuis des années des élevages de combattants aussi peu faciles que les Miuras et auxquels peu de maestros viennent se mesurer. Avec de tels fauves, on ne brille pas comme on peut le faire avec des toros plus accommodants.
Arles, lundi de Pâques 2008
Temps encore plus venteux et glacial que vendredi malgré le soleil.
Arènes aux 3/4.
Les toros présentés: longs et bien armés, culbutèrent deux fois les groupes équestres.
Les numéros 3 (640 kg), 4 (610 kg) et 6 (540 kg) nés en fin d’année 2002. Les numéros 2 (530 kg) et 5 (550 kg) en 2003 et le plus jeune et faible, le numéro 1 (540 kg) en 2004.
Trois toros applaudis à l’arastre : les n° 2, 4 et 6.
Les toreros
El Fundi
À 42 ans, une valeur sûre . Un toréo viril (dixit Adrien). Il est allé à mas et soulevé les gradins. pour une faena dominatrice à son deuxième. La meilleure faena de la Féria (dixit le journal La Marseillaise). Salut et une oreille indiscutable.
Rafaelillo
Un travail honorable et intéressant qui manqua de finition. Vuelta et silence
Vara
N’a pas démérité, même si l’oreille octroyée semble généreuse comparée à celle du Fundi. De l'envie, du courage, tue bien.
Vuelta et oreille.
La lidia
Le premier toro, faible, poussa honorablement mais reçut une pique de trop qui le fera s’écrouler plusieurs fois. Le Fundi, après avoir partagé les banderilles avec Vara, en tirera quand même le meilleur qu’il put à droite comme à gauche, en une faena méritoire avant de l’occire d’une entière à la deuxième tentative.
Le quatrième chargea deux fois de loin et poussa. Le Madrilène prit progressivement le dessus et réalisa une superbe faena de près qui fit oublier qu’on avait à faire à un Miura. Une bousculade cornue ajouta à l’émotion. Un coup d’épée franc et un descabello, parachèvent cette belle leçon de tauromachie. Une oreille fut le minimum.
Le second fit tomber le groupe équestre à sa première rencontre et poussa sur les deux autres rencontres
Le piquero fut applaudi. Par son courage et son audace, Rafaelillo prit le dessus sur le cornu à droite comme à gauche.
Il se fit prendre à la face en se jetant entre les cornes pour l’estocade. La demi-lame ne suffit pas à abattre le toro, il fallut un descabello. Il perdit l’oreille. Vuelta méritée.
Le cinquième fut reçu par deux largas de rodillas, poussa bien de l’arrière-train et s’avisa très vite compliquant le travail du Murciano et la mise à mort en souffrit. Six ou sept pinchazos avant le coup mortel. Silence.
Le troisième chargea et poussa lors de la prem!ère rencontre mais sortit seul, pour revenir charger, ressortit seul à nouveau et à sa troisième charge renversa la cavalerie. Le piquero Gautier fut applaudi. Vara partagea la pose des banderilles avec El Fundi. Le bicho ne mit que la tête dans le drap et ne permit pas un travail à gauche, le torero ne put lui arracher que des mulatazos à droite. Vara tue bien. Estocade magistrale. Vuelta.
Le sixième, poussa bien deux fois sous le fer. Brindé au Fundi, le toro de Vara semblable à celui du Madrilène après avoir laissé entrevoir ses possibilités résista aux appels répétés du torero de Guadalaraja. Ce dernier ne trouva pas la solution et ne put se hisser au niveau du Madrilène malgré son envie évidente.
Il tua à nouveau bien d’une entière. Le public insista pour une oreille qui fut accordée.
Fait rare à signaler la sortie des trois picadors fut applaudie. Le public serait-il en train de changer ou est-ce l’effet Miura ?
Jeu : El Fundi ne fait pas le signe de la victoire comme un vulgaire sportif. Mais que fait-il alors ?

Photo Terres Taurines
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
K
J